Biographie

Comme pour beaucoup de personne, j’ai du mal à parler de moi et de mon parcours. Un des points difficiles, c’est que soit je ne dis pas tout et mon histoire serait vide de sens, soit je suis plus ou moins explicite et  je fais pleurer dans les chaumières. Mais ces douleurs ont nourris mon parcours. Le tout saupoudré de dyslexie, dysorthographie.

Au début

Je ne vais pas vous dire que je suis née en dessinant. Ce n’est pas le cas. J’ai eu différente expérience créative marquante, nourrissante et qui ont ponctué mes débuts dans un déséquilibre certains. Je me souviens de mon premier stage artistique. C’était à Creutzwald.  J’étais en maternelle. Ce qui m’a marqué de ces quelques jours, c’est la création de masque en bande plâtre sur nos visages et les jeux « Jacques a dit ». J’ai adoré étaler les bandes plâtre. La sensation sur mes mains. Car dans ma jeunesse, point de gants quand nous faisions ça. Autre temps, moins de protection. J’ai adoré cette expérience. Certes à l’école maternelle j’ai fait une tirelire en papier mâché en forme de poussin géant, fait des personnages avec des châtaignes. Mais ce souvenir de quelques jours de stage reste plus marquant. Toute fois la créativité dans mon parcours scolaire reste banal, sans surprise, sans envolé du cœur.

Mon permier appareil Canon jaune

Mes parents m’ont offert mon premier appareil photo en fin de primaire. Je l’adorais.  Un canon jaune avec une cordelette verte. Quel plaisir gourmand de figer des images avec. J’avais 5 ans. Et Je découvrais une passion sans non. Une de mes ancres dans la vie. C’est devenu rapidement vital de faire « clic ». Je photographier sans comprendre les règles de l’art. Juste pour le plaisir de figer mon arrière-grand-mère Marie à jamais en photo pour ne pas l’oublier. Et toute autre personne, moment, petite choses. Le snapshot était ma première passion. 😉

Lors de ma première année de primaire ma mère est partie en cure.  Elle souffrait de problème de dos chroniques consécutif à une chute dans les escaliers avec moi, quand j’étais encore un bébé fraîchement démoulé. Pour des raisons d’organisation qui m’échappe toujours, ou sous couvert d’un rare élan de bienveillance ma mère m’a prise avec elle. Mon quotidien depuis la naissance étant d’être rarement chez mes parents et quasi quotidiennement chez ma nounou et mes grands-parents et arrière-grand-mère. Partir seule avec ma mère ne peut être que marquant vu notre histoire. Pendant qu’elle recevait les soins à sa cure thermale, j’étais en stage. J’y ai découvert la peinture sur soie. Je me suis fasciné pour cette technique. Je regardais la façon dont les encres se diffusaient dans les fibres. Cette magie  aussi qui se dompte avec la gutta qui devient un mur infranchissable. Je suis resté fascinée.

J’ai fait plusieurs stages artistiques à Bazey-en-plaine. Ma mère prenait des cours d’aquarelle. Elle a sûrement voulu être bien vue par son prof, car tous les autres parents déposé  leur enfant en stage. J’étais en 6ième. Nous avons travaillé sur un hommage aux nanas. Ma première expérience de papier mâché sur base de grillage nid de poule. J’ai adoré ça. C’était magique de faire prendre forme à des corps. J’ai aussi découvert le plâtre. Sur base de moulage de torses de mes camarades de stage, j’ai créé un monstre. Cette création à je n’ai plus été en stage sur une décision paternelle. J’y ai mis certainement le croque mitaine qu’il était.

Mais, il y a toujours un mais…

J’ai demandé des dizaines de fois à ma Mère de faire de la peinture sur soie. Elle pratiquait l’aquarelle. Elle devait comprendre mon envie, ma gourmandise créative, cet appétit. Mais non. Puis un jour, nous avons franchis la porte d’un magasin d’art ensemble. Elle commença à prendre des accessoires, de la gutta, de la soie, ces magnifiques encres. Vous imaginez ma joie et mon excitation. Et puis arriva la réalité mêlée de violence. C’était pour elle. Tout pour elle. Rien que pour elle. Elle m’a même imposé de la regarder jouer avec la soie dans toute sa médiocrité qu’elle m’inspirait. Je restais là des après-midi entier à rêver de mes gestes en le regardant faire. Puis j’ai eu envie d’ailleurs, de loin, de plus jamais créer. J’étais blessée dans ma chair. Les rares fois où j’ai osé verbaliser cette souffrance, cet acte de trahison… Ma mère, p m’ont renvoyé à la sale petite égoïste que j’étais. Je n’avais jamais fait de peintre sur soie, je n’avais jamais demandé à en faire. Ma mère a brûlé mon foulard fushia fait au stage avec des grains de gros sel. « Tu vois n’en a jamais fait ». Voilà mon cœur qui saigne une fois de trop. L’à côté était si violent et douloureux. Ma mère alcoolique et toxicophilie et mon père la malveillance incarnée. J’ai découvert que les monstres ne sont pas conte de fée mais une réalité abjecte du monde.

Mon père a commencé à me voler. Il m’a volé mes clichés et les a exposé en disant que c’était lui. Jamais je n’ai objecté. Je tenais trop à vivre. La photo devenait occasionnelle pour moi. Je dépenser les sous que ma merveilleuse arrière-grand-mère me donner pour une pellicule. Mais jamais cela ne m’a quitté. C’était mon oxygène le clic. Le plaisir qui se conjugue à tous les temps qu’on  associe au plaisir culinaire. C’était gourmand, croquant, craquant, goûteux, épicé, salé, sucré, aigre parfois. C’était ça. Parfois une tristesse infini dans une plume, parfois un espoir sans nom dans un battement d’aile. C’était mon monde à moi, loin de la mocheté quotidienne.

Je me suis essayé à la programmation. Mais là encore, ça ne plaisait pas à mon père. Je crée une vie virtuelle et plus facilement que lui. Fini l’ordinateur.

Puis un jour, j’ai eu 12 ans. Et j’ai fait, je ne sais quoi… si ce n’est exister et pleurer à une agression de trop de mon père. Il m’a puni. Il a dit qu’il a jeté ce trésor jaune. Plus de photo. Fini. J’ai cru mourir. Je crois que c’est ça qui m’a rendu malade. Qui a fait de la boulimie m’a meilleur amie car on m’avait pris mon oxygène.

Mes références au sourire

Si mes parents m’ont fait du mal. J’ai eu deux anges pour moi. Qui m’aimait par-dessus tout et mal équiper pour comprendre la réalité de ma vie, car disons-le les monstre savent bien cacher l’horreur.

Un Grand père de cœur

Mon pépé Erwin Ni voix. Un homme qui m’a appris à cultiver la joie, le sourire, la magie. Un grand-père par alliance devenu allié de mon enfance cabossé. Un homme qui lutter contre la cruauté sans arme. Il m’a aidé. Il m’a nourri de joie. Pour lui j’étais une fée dans un océan de rêve. J’avais le droit à tout. Non pas pour lutter contre un déséquilibre certain. Non, juste parce que l’enfance ça doit être magique. Il doit y avoir des chevaliers, des  super-héroïnes. Parce que le monde ça ne doit pas être ça.

Une arrière-grand-mère reverende mère

Il y avait aussi Marie Roeth épouse d’un ressortissant belge, descendante d’allemand. Elle était fière de tout ça. Elle m’aimait car si Reine-mère familiale, je lui tenais tête. J’affronter ses jeux avec amour. Je la défié. Je m’enfichais de son argent qui intéresser mes parents et la famille. Je l’aimais. Alors elle m’a offert toutes les vacances du monde pour me sortir d’un enfer dont sa part de responsabilité évidente était trop souffrante. Elle n’avait pas sur protéger mon père, son petit-fils d’une mère qu’elle avait cabossé. Elle n’a pas su être une mère, une grand-mère, alors elle a essayé d’être une arrière-grand-mère. Si elle était la reine mère familiale dans toute sa caricature. J’étais une déesse. Tout ce qui était à moi chez elle était sacré. J’avais le droit à une magie éternelle. Ses bijoux en toc étaient mon trésor de pirate en herbe. Elle m’a montré mille et une fois Fifi Brin d’acier. Elle me disait que mon espoir était là. Dans cette enfant libre des adultes. Dans cette enfant forte. Que je devais être forte. Si elle avait perçu la réalité de mon quotidien, elle serait allée en prison pour me sauver. Elle aurait sorti son glaive et terrasser le démon pour que je vive libre. Mais elle ne pouvait pas voir derrière sa culpabilité le vrai. Elle a essayé de me sauver sa façon. Je connais toujours son numéro de téléphone par cœur… Ce chiffre magique d’une voix qui au bout du fils et des 450km qui nous séparer me reconnaissait. Était toujours là, dispos pour moi. Même si elle avait de la visite. J’étais la Petite fille qui l’appelait plusieurs fois par semaine, par plaisir. Celle qui ne l’abandonner pas. Il m’a quitté pendant mes années de primaire. Un cancer l’a arraché à moi. Un crabe qui l’a rongé par ses actions, inaction envers sa fille, en vers moi, en vers mon père. Elle m’a quitté l’année dans mon adolescence… quand tous les ados arrêtent de soucier des vieux, alors qu’elle était mon pilier, mes racines. Ils me manquent. Le monde était moins beau sans eux. La vie est juste devenue violente et dure

Continuer envers et contre eux.

Pentax MZ7 J’ai tenu. J’ai souffert. J’ai commencé à griffonner aux lieux d’écouter des cours qui ne m’apporteraient aucune vie meilleure. J’ai subi de trop comprendre le monde, mes émotions. J’ai avancé entre les coups et les viols. Et j’ai bossé. Un Penta MZ7 m’a rejoint après avoir bossé deux été  dans un centre aéré et un centre de convalescence pour personne âgée. J’ai subi les cours de photo de mon père qui m’imposer son savoir certes juste, car photographe de profession à ce moment-là. Mais je m’enfichais. C’était le prix d’une infime liberté. C’est moi qui choisissais quand cliquer. Et c’était bon. Parfois frustrant, mais toujours source d’ailleurs.

Bon la suite, c’est que j’ai continué la photo en fonction de mon moyen. Mon père est mort, j’ai découvert la liberté est plus de mise en danger. Car celle que j’avais connu n’ont renfoncé à vivre, mais pas permis de sortir la douleur. J’ai connu l’aphonie psychogène, j’ai connu l’amour avec un homme mourant, les amours tendre avec des femmes merveilleuse, l’attachement sans non a une personne qui se qualifié d’Andro… douce, tendre.

Puis…

On retrouve ce qu’on connait. Ma mère ayant perdu son tortionnaire, car si nulle fut-elle, elle était battue comme moi. La drogue l’aider à son ailleurs sûrement comme moi le faisait mes gribouillis et mes clic magique. Elle n’avait connu que la violence, avec son père, son mari. Elle ne  savait pas comment peut être le monde sans. Alors elle a cherché dans la rage de mon enfance ma violence latente. J’ai fuis. Je suis venu en Belgique, pris encore quelques coups et agressions et j’ai trouvé une personne qui m’aimais suffisamment pour que je sois libre d’elle. Libre de partir. Et même prête à ce que je reste chez lui, pour avoir assez de force pour partir sans rien attendre de moi…

Soigner les bobos, trouvers ses voies

J’ai vu un psy puis un autre et encore et encore avant de trouver le bon. J’ai essayé de soigner mon enfance. Voulu faire des études d’informatique pour lancer un pied de nez à mon paternel. Mais je n’avais pas la force morale de tenir à mes propres défis. J’ai continué à avancer. Trouver le bon psy. Fait la thérapie qui rend libre de soi… repris les dessins, les gribouillis, retouché à mes premiers amours créatifs. J’ai suivi des ateliers au plâtre à Paris lors des Journée des doulas que je photographiais. J’ai découvert que si j’en aimais les bandes, j’adorais finir avec la céramique à froide plus douce pour les mains. Mais j’ai mis des années à cheminer la dedans. Et je n’ai pas fini. Simplement parce que casser avec les interdit ce n’est pas si simple. Les corps me fascinent. Le papier mâché, j’adore le dompter. Le faire devenir ce que je veux, ce que je rêve. J’ai fait plein de bateau, en découvrant le travail Ann Wood. Puis après avoir réalisé son tutoriel, j’ai exploré ma propre créativité. Nous ne travaillons pas du tout pareil. Puis j’ai était sur d’autre chose comme la maison de fée pour ma nièce.

Aujourd’hui

CalinsMa vie est jolie. Je suis certes précaire, mais c’est joli. J’ai 4 enfants, deux sont porteur de handicap, l’une est une fée, l’autre est un magicien. Je suis bénévole auprès d’enfant à qui j’apprends le papier mâché et sa créativité. Je partage en vidéo en direct mes processus créatifs, ma technique que j’ai découverte seul. Je crée d’autre chose en hommage à ce qui me nourrit. Je peins, je dessine, je vis, je photographie. J’ai pris racines sur ce que mon grand-père et mon arrière-grand-mère m’on offre. Je suis juste triste de tout ce que mes parents ont jeté et détruit de mes activités créatives. L’hommage aux Nanas découvert en stage à Bazey-en-Plaine, le monstre de nos corps mal caché, les dessins, les photos brûlé. C’est tous mes débuts qui se sont envolé dans une enfance pas très drôle. Mais aujourd’hui, qu’est-ce que c’est agréable. Je quitte ma normativité aussi avec eux.

Eux

Souvent le matin, je me lève avec des reste de papier peint au petit déjeune par Leto, du haut de ses 4,5 ans, des papiers explorer par ma fille, des dessins de mes 2 aînées qui envahisse notre maison, rangé régulièrement dans des caisses.  J’ai appris des interdits que me posent des gens encore aujourd’hui à grandir et dépasser mes propres limites. Je me libère chaque jour. Je dessine partout, je remplie mes yeux d’inspiration. Je ne suis pas créative sur base de la magie qui est en mois, mais parce que je nourris mes élans par ce que d’autre ont fait. Je ne vais pas réinventer la roue. Je continue à la fasciner à ma façon.

Les pauses

J’ai eu le plaisir d’être interrompu 3 fois pour des câlins, des bisous pendant que j’écrivais ces liges. J’ai aussi géré 2 conflits, 5 demandes étranges.

Je vole constamment d’un point à un autre. Aujourd’hui, je veux juste apprendre à ne pas perdre de vue ma créativité et de la graver. Je suis une artiste qui est cabossé et qui est nourris de ces bosses. Chaque parcours est unique. Mais fondamentalement c’est mes bosses qui m’ont appris à grandir. Tant mieux pour ceux qui ont un parcours joyeux. C’est une bénédiction. 🙂

Si je ne peux retirer la réalité à mon parcours, ce n’est pas pour faire pleurer dans les chaumières. Bien au contraire. C’est parce que c’est une partie de moi qui influence à vie mon chemin. Ça ne fait pas toute ma personne. Mais il est difficile d’écrire sur qui je suis.

Je suis une personne qui se conjugue au féminin, au masculin et au trait d’union. J’ai aimé des personnes formidables. J’ai mal aux autres. J’ai mis au monde 4 enfants, chacun merveilleux. Je les accompagne avec mes échecs dans leur vie. Je suis bénévole  dans plusieurs associations. Je donne de mon temps à la maison des jeunes de ma commune. Et aussi a deux autres associations, l’une qui existe et l’autre qui se crée. Je suis aussi formatrice en périnatalité, doula, accompagnante créative, boucheuse de trou, dompteuse de papier, amoureuse des images, et surtout je viens d’un ailleurs qui s’est fait dans ma tête avec des couleurs, des coups de pinceaux imaginaire pour rendre le monde beau. Je suis  militante féministe engagé dans le mouvement inclusif. Je suis faite de convictions. Et je les portes ferment. Et j’ai une addiction a Pinterest. 🙂

En plus

Galeiliante est mon pseudo d’artiste. Cela veut dire Arc-en-ciel Lumineux/iradiant. Sur mes papier, je suis Anne Piccin, 36 ans, vivant à Gosselies.